Le jour des larves.

    Vous l’avez tous connu aussi. Tout le monde y passe. Ce moment de suspens. Il arrive généralement lorsque vous êtes en vacances. Ou en week-end depuis trop longtemps. Quand vous avez tellement de choses à faire, que plus rien n’a vraiment d’importance finalement. Quand vous êtes échoué sur votre canapé comme si vous veniez de courir un marathon alors que le seul marathon que vous avez fait c’est celui des versions longues du Seigneur Anneaux cette nuit. Quand vous avez faim et qu’il n’y a plus qu’un pot de moutarde et deux bières dans votre frigidaire, mais que l’optique d’aller faire des courses vous fait vous enfoncer encore un peu plus dans le canapé. Quand vous avez un déménagement à préparer mais que vous préférez regarder le capharnaüm qu’à créé la totalité de votre appartement en s’affalant sur le sol, plutôt que de faire la vaisselle qui attend depuis 3 jours. Quand vous avez mis votre réveil à 8h30 pour vous secouer un peu et avoir l’impression d’être dynamique, mais vous n’ouvrez les yeux qu’à 10h54. Que vous vous mettez en position assise à 12h38. Que vous vous levez à 13h41. Exténué. Que vous vous dirigez mollement vers votre douche sous laquelle vous resterez un quart d’heure sans faire un mouvement. Puis que vous vous rasseyez sur votre canapé, jusqu’au soir.

    Parfois, un élément revigorant vous prend par surprise. Vous entendez une chanson qui vous est chère à la radio et vous vous retrouvez à vous trémousser en sous-vêtements pendant les 3 minutes 47 secondes qu’elle dure, ou encore un groupe d’amis vous propose d’aller boire un verre à deux arrêts de métro de chez vous, alors vous vous pomponnez légèrement et vous y allez quelques heures. Mais au moment où la musique va s’arrêter, ou au moment où vous allez rentrer chez vous, il va revenir. L’engouement particulier que vous avez ressenti face à cet imprévu va retomber aussi vite qu’il était arrivé. A nouveau, vous aller vous déshabiller paresseusement, puis vous vous retrouverez bien vite avachi sur votre canapé. Ce moment piétine toute motivation de votre corps à ne faire autre chose que se languir et se plaindre du poids de la Vie sur vos toutes petites épaules.

    Il est 18h30 et vous n’avez rien fait de votre matinée, rien fait de votre après-midi, rien fait de votre soirée, rien fait de votre vie. Vous avez passé votre temps à regarder des slashers débiles où c’est toujours le noir qui meurt et la blondasse qui finit à poil. Vous êtes persuadé qu’à ce stade là de votre vie vous n’êtes plus capable d’accomplir quoique ce soit d’utile et que votre avenir se limitera à la solitude de lents allers-retours entre le Pôle Emploi et votre canapé, le seul qui vous restera fidèle à jamais.

    Heureusement, quand à 3h27 vous fermerez enfin les yeux, pour les rouvrir le lendemain, à 8h30 pétante, sans trop de problèmes, vous comprendrez qu’après tout, « demain est un autre jour » n’est pas qu’une phrase stupide prononcée uniquement par les auteurs de romans d’amour qui fait vibrer la ménagère de 40 ans ou par ce type un peu gênant qui essaye de vous réconforter comme s’il était votre frère de sang alors que vous ne le croisez qu’une fois par semaine chez Auchan, et que vous aurez enfin quitté ce moment de flottement, ce moment bizarre et nébuleux. 

     Ça sera le début du Jour des cabris. 

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