Nage ou déménage.

   J’en étais arrivée à un point dans ma vie où la vision d’une existence terrestre en temps que ce qu’on appelle dans le bas milieu « La Parisienne » ne me ravissait plus que très peu.  
   En effet, après deux ans de loyale et grégaire vie dans la capitale française, j’en avais réussi à conclure une caractéristique très claire de cette ville : Ça pue. 
Non. 
Enfin si, mais, outre les odeurs pestilentielles valsant joyeusement entre kebabs sur-gras et urines croupissantes, j’étais surtout arrivée à une conclusion très claire de cette ville donc : Elle n’est pas faite pour moi.
   Certes, l’art et la culture se bousculent dans chaque ruelle, ce qui n’est pas pour me déplaire, moi qui me prétends artiste en devenir, ou du moins « Non-Scientifique-En-Devenir », et j’avais alors tellement de choix entre expos, spectacles, musées, cinémas, créations, événements, opéras et autres performances artistiques douteuses, que mes week-ends et soirées ont été plutôt bien chargées par rapport à mes précédentes années de Côte-d’Azuréenne. Pourtant, la foule, la pollution, le métro, le stress, et —  pardonnez-moi la répétition — l’odeur,  ont réussi à me dégoûter d’une ville que je ne suis plus capable d’apprécier qu’en maximum quatre jours et demi de vacances. De plus, petite fille de la mer que j’avais été, et suis toujours, l’eau, la vraie, me manquait terriblement. (Je dis la vraie car, même si la Seine a des vertus intéressantes pour des photographies clichées, le manque d’animaux en bonne santé en son sein et le capharnaüm flottant de bidons et autres bouteilles en plastique en sa surface ne me ravissent pas plus que ça, soyons francs.) Peu enthousiaste à l’idée de nager parmi la foule et les détritus, j’ai choisi de déménager.
    Il aura alors fallu que je quittasse la ville. Ce que je fis. De bon pieds. Et puisque je quittasse la ville, je trouvasse un nouvel appartement dans la charmante contrée de Brest afin que j’y installasse ma nouvelle vie.

   Bref, j’ai déménagé. Cela s’est caractérisé d’abord par le sanctuaire officiel de toute personne ayant un jour déménagé dans sa vie : Ikea. 
   Ikea, c’est un peu le Disneyland des meubles. Tu y vas, tu repères, tu choisis tes attractions : essayer tous les matelas, acheter des Daims, mesurer tout ce que tu trouves, imaginer ce petit buffet dans ta cuisine juste là à côté du frigidaire, acheter des Daims, essayer d’épeler de tête et sans oublier les accents le nom de cette lampe à pince, acheter des Daims. Le midi, tu manges dans le fameux restaurant du parc magasin : les boulettes Suédoises, sinon ça compte pas, et tu repars le soir, exténué, la voiture bondée entre achats initiaux et babioles plus ou moins utiles trouvées au fur et à mesure de ton périple.
   Autant dire que j’ai visité le Ikea de Brest pas loin de 5 fois en trois jours. Premièrement, il a fallu choisir le matelas. Imaginez : je m’installe dans un non-meublé, j’ai dormi la veille à l’hôtel pour m’éviter une nuit sur le plancher, le lendemain je me dirige vers le magasin avec ma mère pour acheter un matelas et enfin pouvoir dormir à l’appartement le soir venant, et là bim, qu’ouïs-je ? Le matelas est vendu roulé, et il faut attendre 72h avant de l’utiliser. Ah.
   Ni une ni deux, et puisque rien ne nous arrête, après avoir testé tous les matelas et décortiqué tout les prix, nous embarquons le matelas choisi afin de le déposer à l’appartement pour qu’il prenne sa forme et qu’on puisse dormir dessus le soir. Avant de retourner chez Ikea pour finir nos courses. Oui car il était 11h du matin à ce moment là. Ironie de l’histoire, le matelas sera finalement rendu 3 jours plus tard car beaucoup trop ferme et me provoquant des maux de dos que je qualifierais de plutôt violents, puis échangé pour un plus mou. (Cela sous-entend rebelote, retour à l’appartement en vitesse pour déroulage du fautif afin de pouvoir dormir convenablement le soir. Paye ton scénario.)
   Je dois avouer que déménager nécessite de monter les achats dans l’appartement prévu à cet effet. Généralement, la présence d’un homme de corpulence entre Thor et Superman est préférable. Pour les gros paquets. Genre les canapés. Très très lourds. Sur deux étages. Sans ascenseur. À nouveau mon dos se manifesta par des douleurs que je qualifierais de plutôt très violentes. 
   Et c’est ainsi que, après avoir sué sang et eau, fait nombre d’aller-retours, vissé 53 vis et  rempli le local à poubelles de vieux cartons, j’ai fini par conclure mon déménagement.

Enfin pas tout à fait puisque je ne reçois mes tabourets que le 4 septembre donc pour l’instant il n’y a que trois endroits où s’asseoir : le lit, le canapé, et le sol.

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